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27 Feb

Le darwinisme... et ses "dérives" idéologiques...

Publié par Xavier Moreau  - Catégories :  #OUTILS DE LA PENSEE

Le darwinisme... et ses "dérives" idéologiques...
Darwinisme
Pour l'"Encyclopaedia Universalis", le darwinisme est défini comme "...le nom d'un paradigme*1 clé en biologie [autrement dit l'ensemble théorique des différentes caractéristiques conçues à partir des observations de l'auteur], formulé par le naturaliste anglais Charles Robert Darwin (1809-1882), autour duquel gravite encore aujourd'hui l'ensemble des théories sur l'évolution du vivant, que ce soit pour le prolonger, l'infléchir ou le rejeter. Servant de cadre général à la compréhension de l'histoire des organismes, ce terme signifie, pris dans son sens le plus général, que les espèces n'ont pas été créées telles qu'on les observe aujourd'hui (anticréationnisme) [contre, opposé au créationnisme dont nous avons vu le sens en classe], mais qu'elles ont été modifiées au fil du temps (antifixisme) [le fixisme2 étant donc le contraire et ce qui ne bouge pas, ne se transforme pas dans le temps]. Par ailleurs, se réclamant du darwinisme, de nombreuses idéologies3 ont circulé, le plus souvent sans grand rapport avec l'œuvre de Darwin : ce darwinisme dit social a ainsi prétendu justifier le racisme, le colonialisme, le matérialisme, le sexisme(...)
Darwinisme social

Dans les décennies qui suivent la parution de On the Origin of Species by Means of Natural Selection (1859), le cousin de Darwin, Francis Galton, soutient qu'il faut tirer les conséquences politiques du principe de la sélection naturelle. Selon lui, les maladies mentales, le dérèglement moral, la pauvreté, le niveau d'éducation ou encore la criminalité constituent autant de phénomènes qui trouvent leur source dans la constitution organique héréditaire des individus. Il faut donc, conclut Galton, faire en sorte que les couches sociales qu'il juge « inférieures » se reproduisent moins que les couches sociales « supérieures », afin que la composition biologique – et, donc, selon lui, la composition intellectuelle et morale – de la population s'améliore. Tels sont les principes de ce qu'il nomme l'eugénisme, courant qui connaît un vif succès dans une partie des élites occidentales aux xixe et xxe siècles."

Source : Dominique GUILLO, Thierry HOQUET, « DARWINISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 février 2015. URL : https://www-universalis--edu-com.nomade.univ-tlse2.fr/encyclopedie/darwinisme/

Conclusion

En somme et pour résumer, si la théorie de Darwin peut prendre [ou pas] tout son sens dans une conception originelle du biologique pour les espèces vivantes, par exemple, qu'en est-il de cette doctrine galtonienne [de Galton] - et de la valeur d'une telle comparaison [- "détournement" ? -] du système évolutif à la société des hommes ?
En d'autres termes, peut-on faire une analogie à partir de ce processus théoriques de l'évolution du vivant [pour les animaux, les plantes, les hommes] et s'en servir ainsi pour expliquer la société [les sociétés] ?
Car, voilà, cette doctrine galtonienne tend à considérer que les individus [les hommes], d'un point de vue économique comme politique, font l'objet d'une hiérarchisation de fait. C'est-à-dire, que l'on partirait d'individus (donnés) qui en domineraient d'autres du seul fait de leur origine social, par exemple, et du fait des caractéristiques, des "qualités" éminemment supérieures [selon des normes, elles-aussi, données].
Ainsi, à l'intérieur d'une société donnée [étudiée par la sociologie par exemple], on trouverait - par le système de compétition par exemple, ou par le truchement de l'éducation, etc. -, différents groupes sociaux qui respecteraient cette théorie en fonction des dits critères. On y trouverait, alors, des "dominants" d'un côté et des "dominés" de l'autre [économiquement ou politiquement] qui répondraient de cette division.
Ce qui reviendrait à exprimer qu'aucune échappatoire n'est possible ! Un destin en somme [un fixisme]. Tout serait déterminé par la naissance, l'éducation ou l'origine sociale, par exemple...

*Notes :

1. Paradigme : "Conception théorique dominante ayant cours à une certaine époque dans une communauté scientifique donnée, qui fonde les types d'explication envisageables, et les types de faits à découvrir dans une science donnée."

2. Fixisme : "Théorie selon laquelle les espèces vivantes sont immuables parce que dotées, dès l'origine, de tous les mécanismes nécessaires à leur mode de vie ."

3. Idéologie : "Science des idées (au sens général des faits de conscience), de leur nature, de leur rapport avec les signes qui les représentent, et surtout de leur origine (qu'elles tirent de la seule expérience sensible, continuation du sensualisme de Condillac)." [à ne pas confondre avec l'analogie : Rapport de ressemblance, d'identité partielle entre des réalités différentes préalablement soumises à comparaison; trait(s) commun(s) aux réalités ainsi comparées, ressemblance bien établie, correspondance. (Correspond à analogue).]

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